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L'histoire de l'A79

Mise au standard autoroutier de la RN79 : priorité à la sécurité

Le projet A79 est un chantier ambitieux pour sécuriser et fluidifier la circulation. Parce que la RN79 est une voie encombrée et dangereuse, sa mise au standard autoroutier a été déclarée d’utilité publique par décret le 22 avril 2017.

La RN79, dénommée Route Centre Europe Atlantique (RCEA), est un axe majeur tant localement qu’à l’échelle européenne. Elle assure en effet, à l’échelon local, la liaison entre les communes du département de l’Allier. À l’échelle régionale, elle demeure le principal axe transversal de la traversée du département. Enfin, aux niveaux national et international, la RN79 constitue l’une des grandes liaisons transversales Est-Ouest depuis Royan vers le sillon Rhodanien, et au-delà vers l’Allemagne, la Suisse et l’Italie. Elle draine ainsi un trafic compris entre 10 et 15 000 véhicules par jour, dont 40% de poids lourds, selon les sections dans le département de l’Allier.

Ces différents usages sont à l’origine de fortes perturbations de trafic qui ont fait de la RN79 une route particulièrement accidentogène.

Le projet de mise en sécurité de la RCEA par une mise à deux fois deux voies sur tout son linéaire remonte à 1983. 35 ans plus tard, cet objectif, qui a toujours été considéré comme prioritaire par les pouvoirs publics, est en partie atteint.  
Sur une longueur totale d’environ 630 km, un peu plus de 400 km ont ainsi été élargis au fil des ans. Alors que le tronçon Ouest, entre Royan et Limoges (209 km), a été réalisé aux trois-quarts, le tronçon central, entre Limoges et Sazeret (179 km), est achevé depuis 2011, en partie sous forme autoroutière (A71).  
Le tronçon Est, de Sazeret à Chalon-sur-Saône et à Mâcon (210 km), qui inclut la future autoroute A79, est quant à lui resté jusqu’ici majoritairement constitué d’une route à deux voies.
C’est pourquoi le projet de mise à 2X2 voies aux normes autoroutières a été déclaré d’utilité publique par décret ministériel en date du 22 avril 2017, lançant un message fort « Priorité à la sécurité ! ».  

Pour accélérer la mise à deux fois deux voies de ce tronçon que le Ministère de la Transition écologique et solidaire, chargé des Transports a lancé en avril 2017 un appel d’offres pour la mise en concession autoroutière de la section de 88 km située entre l’A71, à Sazeret (Allier), et l’échangeur de Digoin (Saône-et-Loire). Il a abouti par la mise en concession pour 48 ans de l’A79 à ALIAÉ à compter du 15 mars 2020.

Un chantier de grande envergure

 

Le premier enjeu de la concession est celui de la mise en sécurité de l’infrastructure. Entre 2008 et 2017, 124 personnes ont perdu la vie entre Montmarault et Mâcon. L’objectif est bien de réduire drastiquement le nombre d’accidents sur cette portion de route, non seulement lorsqu’elle aura été mise aux normes autoroutières, mais aussi dans sa configuration actuelle. 

 

Dès la remise de l’infrastructure par l’Etat aux équipes d’ALIAÉ, plusieurs actions ciblées ont permis de réduire le risque de collisions frontales. Il s’agit notamment de neutraliser les principaux obstacles latéraux et de renforcer la signalisation ainsi que les dispositifs de sécurité.

Depuis la commune de Sazeret, à l’Ouest, jusqu’à celle de Digoin, à l’Est, 88 km de la RN79 sont aménagés à 2×2 voies. Ce chantier de grande envergure a mobilisé au plus fort de son activité plus de 1 200 personnes et une multitude de métiers au sein du groupe Eiffage.10 % des heures de travail sont à minima réservées à des personnes en insertion (chômeurs de longue durée, travailleurs handicapés...) durant les phases de construction et d’exploitation.

 

Pendant la durée des travaux, la circulation est maintenue sur la RN79 grâce à un dispositif physique de séparation des zones de chantier et des voies circulées en plus d’une limitation de la vitesse.Nos équipes d’exploitation (APRR), qui disposent déjà d’une présence locale, déploient une organisation dédiée mobilisant les moyens humains et matériels nécessaires à la mise en sécurité rapide de la RN79 puis à l’organisation de ces travaux sous circulation, comme deux circuits de surveillance avec des agents dédiés 24h/24 et 7j/7, permettant de passer en tout point de la section dans une période de 4 heures. Présents sur le tracé, les agents seront en liaison radio permanente avec le PC régional APRR situé à Genay, qui contribue également en temps réel à la surveillance du réseau grâce à de nombreux équipements installés (réseau d’appel d’urgence, caméras de surveillance, boucles de comptage et de vitesse, panneaux à messages variables, stations météo…).

Des aires de services et de repos intégralement repensées

Pour garantir des déplacements aussi sûrs que confortables, l’A79 va proposer une nouvelle aire de services à Toulon-sur-Allier, trois aires de repos réparties entre Cressanges et Pierrefitte-sur-Loire, complétées par deux haltes simples au niveau de Deux-Chaises. Celles-ci pourront compléter les traditionnels parkings poids lourds et véhicules lents par un espace dédié au co-voiturage ou encore un espace réservé pour les bus. L’offre de stationnement sera alors portée à 710 places de stationnement.

Une volonté d'intégration paysagère et architecturale

L’Allier abrite deux grands ensembles paysagers : un paysage de bocage à l’ouest du tracé et un paysage de Sologne sur la partie Est. Le premier propose de nombreuses haies naturelles qui rythment le linéaire du tracé. Le second offre une plus grande diversité de paysages (prairies, cultures, bois et eau). Entre les deux, la Réserve Naturelle du Val d’Allier abrite l’une des dernières grandes rivières sauvages d’Europe de l’ouest.

Face à cette diversité et cette richesse paysagère, il a été privilégiée une architecture résolument sobre et élégante. L’objectif est ainsi de valoriser et respecter les différentes séquences paysagères traversées tout en offrant des points de vue homogènes et harmonieux aux automobilistes

Une attention particulière apportée à l’acoustique

Pour améliorer la qualité de l’ambiance sonore, environ 6450 mètres linéaires de protections acoustiques (écrans acoustiques et merlons) ont été mis en place. Les merlons seront positionnés sur les secteurs où l’emprise foncière est moins contrainte. Réfléchissants pour les uns ou absorbants pour les autres, les écrans d’une hauteur comprise entre 2,5 et 3,5 mètres seront répartis sur 11 sections le long du tracé.

Une biodiversité à préserver

Le respect de la biodiversité locale est un enjeu majeur dans l’histoire de l’A79.  
L’inventaire de la faune et de la flore présentes le long du tracé de l’A79 a permis d’établir la présence d’une dizaine d’espèces d’animaux et de végétaux à valeur patrimoniale forte. Ces espèces font l’objet de procédures réglementaires environnementales particulières. Au titre de la doctrine ERC*, plusieurs mesures d’évitement et de réduction d’impact ont été prises en phase chantier.
Pour limiter l’impact de la route sur le déplacement de la faune mais aussi de la flore, le projet améliore la transparence écologique de l’infrastructure existante. Pour ce faire 17 ouvrages hydrauliques, destinés à permettre le bon écoulement des cours d’eau sous l’infrastructure, sont repris et améliorés pour offrir une largeur suffisante au passage de la faune d’un côté à l’autre de l’autoroute.
En marge de ces mesures, environ 300 hectares de site de compensation environnementale ont été créés, permettant de recréer des milieux naturels propices au développement de la biodiversité locale.
*Eviter Réduire Compenser les impacts sur le milieu naturel

Zoom sur Quelques espèces remarquables présentes sur le trajet

La Loutre d’Europe . : ce mammifère aquatique est présent dans les cours d’eau de l’Allier. L’élargissement des ouvrages hydrauliques de l’A79 facilitera son passage d’un côté à l’autre de l’infrastructure.  
La Cistude d’Europe :. cette tortue d’eau douce s’épanouit dans l’Allier, une région qui dispose de nombreux étangs. Outre les ouvrages hydrauliques qui lui permettront de traverser l’infrastructure sans entrave, des mesures seront prises en phase chantier pour sauvegarder les sites favorables à la ponte de la cistude.  
L’Orme lisse : la suppression des enrochements dans la réserve naturelle du Val d’Allier oblige la coupe de certains pieds, de cet arbre protégé régionalement, présents à proximité. En mesure d’accompagnement, un partenariat local est monté avec un lycée agricole dont les élèves récolteront les graines des ormes lisses identifiés et se chargeront de les faire pousser en pépinière. À la fin du chantier, ces jeunes pousses seront replantées à proximité de là où vivaient leurs ainés.